Sábado, 25 de Novembro de 2017
ISSN 1519-7670 - Ano 19 - nº967

PRIMEIRAS EDIçõES > LE MONDE

Robert Solé

Por lgarcia em 05/02/2003 na edição 210

LE MONDE

“La télé, le meunier et l’âne”, copyright Le Monde, 2/2/03

“D’une part, la présentation des grilles de chaînes a été modifiée, ?afin d’offrir une meilleure lisibilité et de faire une plus large place aux critiques?. D’autre part, les programmes sont donnés désormais du samedi au vendredi, et non plus du lundi au dimanche.

Le premier de ces changements a provoqué quelques réactions. ?J’apprécie la nouvelle présentation, écrit Suzanne Frens Van Rokeghem, de Tournai (Belgique), mais vous avez oublié les téléspectateurs belges ! Vous ne donnez plus les programmes de la RTBF.?

Ceux-ci intéressent aussi des habitants du nord de la France, fait remarquer Patrick Dumont (Lille) : ?Rendez-les-nous, SVP.? Réclamation identique d’André Lottin, de Mournans (Jura), à propos de la Télévision suisse-romande : ?Elle est hertzienne, gratuite et… intéressante.?

Ces lecteurs n’ont pas écrit pour rien : Jacques Buob, rédacteur en chef de la séquence Aujourd’hui et responsable du supplément ?Radio-Télévision?, me fait savoir que les programmes belges et suisses vont être rétablis dans le courant du mois.

La réduction de la place dévolue aux programmes de radio suscite d’autres plaintes. ?Sans doute les mélomanes sont-ils moins nombreux que les cinéphiles, écrit Guy Devos, de Bruxelles (Belgique), mais les premiers ne peuvent que regretter ce raccourcissement de plus de 2 centimètres de hauteur.? Plus agressif, G. Carré (courriel) commente : ?Pourquoi ne pas aller au bout de votre démarche ? Supprimez les programmes de France-Culture et France-Musiques. Place à la crétinerie !?

La rédaction fait valoir qu’elle a dû, pour des raisons budgétaires, réduire la taille du supplément : celui-ci a conservé sa surface estivale, soit 36 demi-pages, au lieu de 40. Les articles de critique sont plus courts, mais plus nombreux : quatre au lieu de trois. Et, sur les quatre, l’un traite systématiquement d’une émission de radio.

Mais c’est surtout la nouvelle période de programmation (du samedi au vendredi) qui fait des vagues. Elle a été décidée pour répondre à ?une demande de nombreux lecteurs, désireux de pouvoir utiliser le supplément dès sa parution?. Le programme du week-end figure désormais dans ce numéro et non dans celui de la semaine précédente, que tout le monde n’a peut-être pas conservé.

Le confort des uns ne fait pas le bonheur des autres. Depuis ce changement, des plaintes s’élèvent de la part d’abonnés de province qui reçoivent le journal avec retard. Quand le programme leur arrive, le week-end est déjà passé. Ces lecteurs, qui avaient bataillé ? avec succès ? pour que le supplément soit avancé d’un jour, ont l’impression d’être revenus au point zéro.

UN abonné de Marseille, Laurent Caulet, résume la situation : ?Longtemps, le supplément couvrant les programmes du lundi au dimanche a paru avec le numéro du samedi, daté dimanche-lundi. Ce n’était pas du tout satisfaisant pour les abonnés de province, qui recevaient ce numéro le lundi, et même parfois le mardi… Nous avions alors été nombreux à vous en faire part et avons accueilli avec satisfaction l’avancement de ce supplément d’un jour. Quelle déception aujourd’hui de retrouver, avec le glissement de la période de programmes couverte, les mêmes inconvénients que précédemment !?

En principe, un numéro du Monde imprimé vendredi en début d’après-midi devrait arriver à tous les abonnés samedi matin. Même si c’était le cas, certains ne seraient pas satisfaits. Ecoutons cet argument, un peu inattendu, de Jean Cousseau, de Brissac-Quincé (Maine-et-Loire) : ?La nouvelle présentation du supplément privilégie l’analyse et la prise de recul sur l’actualité. Bravo, très bien ! Mais alors, pourquoi empêcher le lecteur de prendre du recul sur les programmes à venir, l’empêcher de lire tranquillement le supplément du week-end, voire (ce qui est mon cas) consacrer une petite heure à sélectionner ce qu’il va regarder au cours de la semaine à venir ? C’est pour moi le seul moyen d’appréhender la télévision de façon intelligente.?

Comment contenter les uns sans pénaliser les autres ? Louise Molard (Avignon) propose un compromis, susceptible selon elle de ?satisfaire tous les lecteurs? : avancer encore d’un jour le supplément, qui paraîtrait avec le journal du jeudi daté vendredi. Mais cela obligerait à déplacer ?Le Monde des livres?, qui s’est imposé le jeudi depuis des lustres… Exclu.

Jacqueline Bernard, de Noiseau (Val-de-Marne), suggère une autre solution : le supplément irait du samedi au dimanche suivant, incluant ainsi les deux week-ends, et tout le monde serait content. Tout le monde peut-être, mais pas les finances du Monde : deux jours de programmes de plus, c’est huit pages supplémentaires… Exclu également.

Rappelons-nous la fable de La Fontaine, Le Meunier, son fils et l’âne. Après s’être attiré des critiques ou des moqueries pour chacune des formules qu’il a adoptées sur le chemin du marché (faire monter son fils sur l’âne, y monter lui-même, y monter à deux, porter l’animal), le vieil homme finit par s’exclamer :

Je suis âne, il est vrai, j’en conviens, je l’avoue ;

Mais que dorénavant on me blâme, on me -loue ;

Qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise -rien ;

J’en veux faire à ma tête. Il le fit, et fit bien.

Contrairement au meunier, un journal ne peut se permettre d’ignorer l’avis d’une partie de ses lecteurs, abonnés de surcroît. ?Nous avons entendu ces critiques, et elles nourriront notre réflexion en vue d’une réforme ultérieure de plus grande ampleur?, indique Jacques Buob.

Encore La Fontaine, mais dans Le Lion et le rat :

Patience et longueur de temps

Font plus que force ni que rage.”

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